Santa Eulalia fête les dix ans de la consulta de Buena Fe

Le 29 août 2006, la municipalité de Santa Eulalia, dans le Nord du Guatemala, organisait la première consultation communautaire afin de se prononcer sur l’exploitation de son territoire. Dix ans plus tard,  un large public était réuni pour célébrer le dixième anniversaire de la consultation dans un contexte de criminalisation et de persécution des autorités ancestrales et des défenseur-e-s de l’environnement. Continue reading

Procès pour le génocide ixil : entre stagnation et commémoration

Le sort du procès historique contre l’ancien dirigeant militaire Ríos Montt et le chef d’intelligence militaire Rodríguez Sánchez est plus incertain que jamais. Les deux accusés font face à la justice pour décider de leur responsabilité en ce qui concerne les délits de génocide et de crimes contre l’humanité commis en 1982 et 1983. Après avoir été jugés en 2013, le Tribunal de Risque Majeur A avait déclaré coupable l’accusé Ríos Montt et l’avait condamné à une peine d’emprisonnement de 80 ans. Dix jours plus tard, la sentence était annulée et tout le processus était à recommencer.

À la cinquième tentative, le procès s’est rouvert près de trois ans plus tard, le 16 mars 2016 sous la direction du Tribunal de Risque Majeur B. La deuxième ronde du procès n’aura pas fait long feu. Le 4 mai 2016, le procès s’est vu nouvellement suspendu en cours de route en raison d’un recours qui devait être résolu pour continuer le procès. Les plaignants (AJR et CALDH) avaient interposé un recours pour séparer les cas de Ríos Montt et de Rodríguez Sánchez, qui étaient jugés conjointement. Pour des raisons de santé mentale, le tribunal a décidé que le procès de Ríos Montt devait se réaliser à huis clos, c’est-à-dire sans la présence du public ni de la presse. Conséquemment, ces conditions s’appliquaient aussi à Rodríguez Sánchez, malgré le fait qu’on ne lui ait pas déclaré de problème de santé mentale. Ainsi, le public et la presse ne pouvaient assister aux audiences de ce dernier accusé, ce qui violait le principe de publicité dont devraient bénéficier un procès portant sur des crimes de cette envergure.

Continue reading

Des cimetières clandestins de l’armée guatémaltèque datant des années 1980 refont surface sur un institut de formation aux opérations de paix de l’ONU

20 ans après la signature des Accords de paix, suffisamment de preuves ont été collectées afin de juger 8 hauts gradés militaires responsables des crimes commis dans la base militaire ironiquement appelée Creompaz (Comando Regional de entrenamiento de operaciones de Mantenimiento de la Paz) entre les années 1978 et 1986. Le 6 janvier 2016, une vague d’arrestations en relation aux massacres datant des années 1980 dans les municipalités d’Alta et Baja Verapaz a secoué le pays. En début d’année, l’État guatémaltèque avait un mandat d’arrestation pour 22 militaires. Or, huit d’entre eux sont toujours en fuite et recherchés au niveau national et international. Ces captures représentent les plus importantes du genre au pays en ce qui a trait au nombre et au rang des militaires arrêtés. Le 7 juin 2016, la juge Claudette Domínguez a déclaré la résolution de l’étape intermédiaire du procès. 8 militaires, en prison préventive depuis le mois de janvier 2016, devront faire face à la justice lors d’un débat oral et public. Pour des raisons médicales, le militaire Luis Alberto Paredes Nájera devra quant à lui être jugé dans un processus judiciaire distinct. Deux autres, Ismael Segura Abularach et Gustavo Rosales García ont été libérés de manière immédiate suivant la résolution de la juge à leur égard. Les organisations plaignantes ont déjà rendu public qu’elles porteront en appel la décision de la juge à cet effet.

Continue reading

Interventions de la Mission internationale «Justice pour Cáceres»

Suite à l’assassinat de Berta Cáceres, dirigeante du Conseil civique d’organisations populaires et indigènes du Honduras (COPINH), le 3 mars 2016, une Mission internationale « Justice pour Berta Cáceres »1, composée de 13 personnes de 6 pays d’Amérique et d’Europe, a visité le Honduras du 16 au 21 mars 20161. Ses travaux préliminaires réaffirment que le crime perpétré contre Berta Cáceres est un crime politique, et questionnent fortement l’attitude des autorités honduriennes dans un processus d’enquête totalement opaque.

Continue reading

La coopération suisse au Honduras

Christelle Genoud, observatrice de PWS-PROAH au Honduras, a récemment rédigé un article sur le rôle de la coopération suisse au Honduras sur le blog de foraus:

Depuis le coup d’Etat de 2009, le Honduras est victime d’une militarisation croissante, de taux d’assassinats et d’impunité records, ainsi que de corruption et d’inégalité grandissantes. Dans ce contexte, quelle est la stratégie de la coopération suisse au Honduras ?

Le 29 janvier 2015, le Président Obama a sollicité au Congrès américain un budget d’un milliard destiné à un projet d’aide en Amérique Centrale (Honduras, Guatemala et Salvador) appelé Alliance pour la Paix et la Prospérité du Triangle Nord. Depuis, le débat s’est ouvert sur la capacité de ce plan à réellement endiguer les problèmes économiques et sécuritaires de ces pays. Dans sa majorité, les spécialistes du Honduras dénoncent un plan récompensant les responsables de ces problèmes, c’est-à-dire les entreprises privées ainsi que l’oligarchie. Cette question nous renvoie aux défis que la coopération internationale (CI) rencontre dans ce pays : illustration au travers du cas suisse.

Continue reading

L’union, cette force

Magali Grossenbacher, observatrice des droits de l’Homme de PWS au Guatemala, nous raconte la marche du 10 mai dernier, qui a été l’occasion pour le peuple ixil de rendre hommage à toutes les personnes disparues lors du génocide:

jj_20150520_0_0_5

Magali Grossenbacher, Journal du Jura, 20 mai 2015 

Guayabo al Guayabo[1] : de l’espoir à la désillusion

La communauté acceuille la délégation  ©Tatiana Rodriguez/2015

La communauté accueille la délégation ©Tatiana Rodriguez/2015

Le matin du 3 mars 2015, tout est en place. La communauté, pleine d’espoir, est réunie et l’un des leaders s’est rendu sur les berges du fleuve Magdalena Medio pour accueillir les représentants de la Defensoria del Pueblo de la région du Magdalena Medio, l’organe étatique chargé de surveiller le respect des droits de l’Homme et de favoriser leur mise en place. La communauté attend avec impatience cette réunion agendée suite à l’émission d’un avis de risque par la Defensoria concernant la communauté. « Enfin, enfin quelque chose de positif. Dieu sait ce qu’il fait ! C’est un signe que les choses commencent à changer ! », déclare l’un des leaders de la communauté. Malgré les appréhensions, on sent la motivation de la communauté et la bonne humeur règne.

Continue reading

Pour que justice soit faite

A travers cet article paru dans le Journal du Jura, l’observatrice des droits de l’Homme de PWS Magali Grossenbacher témoigne de la lutte que mènent les communautés autochtones pour obtenir justice au Guatemalajj_20150304_0_0_9

Magali Grossenbacher, Journal du Jura, 4 mars 2015

Honduras

Légende © Renaud Vuignier/2015

Accompagnement d’un défenseur lors de son retour dans sa communauté après plusieurs semaines passée à COFADEH pour se protéger ©Renaud Vuignier/2015

En été 2009, l’armée organisait un putsch contre le président démocratiquement élu, Manuel Zelaya. Depuis, ce pays d’Amérique centrale connait une situation politique très instable qui favorise un climat d’impunité et de répression des mouvements sociaux. La situation des défenseurs des droits humains mais également des populations civiles qui tentent de s’organiser pour faire valoir leurs droits s’est largement détériorée. On observe des violations massives des droits humains par les forces de sécurité et d’autres groupes armés non étatiques. Les assassinats politiques, menaces et déplacements de populations sont fréquents, notamment dans les zones rurales.

PWS mandate des accompagnatrices et accompagnateurs volontaires dans le cadre du projet PROAH (Proyecto de Acompañamiento Internacional en Honduras), qui offre une protection à des défenseurs et défenseuses des droits humains à travers une présence internationale.