Accompagner

HONDURAS. Pour ce premier article, que j’aurais du écrire déjà depuis un moment, j’ai vais essayer d’expliquer un peu le travail que nous réalisons ici au Honduras.
L’accompagnement est relativement simple à comprendre. Il s’agit d’assurer une présence physique et internationale auprès des personnes dont les droits humains sont violés ou menacés. Mais une fois que cela est dit, il faut le mettre en pratique. Premièrement, afin de ne pas imposer notre présence, nous avons pour chaque personne, association ou communauté que nous pensions accompagner, organiser une rencontre de présentation. Afin de leur éviter une surcharge de leur emploi du temps, nous nous sommes arrangé, dans la mesure du possible, de coordonner nos visites avec d’autres associations. Cela a été une période riche en apprentissages. Ils nous ont raconté leurs histoires et nous avons pu commencer à les connaître. Continue reading

Reitoca, der kleine Riese, der für den Petacón-Fluss kämpft

HONDURAS. Reitoca ist eine kleine Gemeinde im Süden des Departements Francisco Morazán in Honduras. Im Norden grenzt Reitoca an die Gemeinden Lepaterique und Ojojona, im Süden an Alubarén, im Westen an La Venta und Sabana Grande und im Osten an Curarén.

Um nach Reitoca zu gelangen, nimmt man die Strasse, welche von der Hauptstadt Tegucigalpa nach Choluteca in den Süden des Landes führt. Bei der Kreuzung La Venta del Sur zweigt die Schotterstrasse ab, die in die Berge führt. Die Reise dauert im Bus etwa dreieinhalb Stunden, davon zwei auf Schotterstrassen, die während der diesjährigen Regenzeit sehr schwer befahrbar sind.

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Interventions de la Mission internationale «Justice pour Cáceres»

Suite à l’assassinat de Berta Cáceres, dirigeante du Conseil civique d’organisations populaires et indigènes du Honduras (COPINH), le 3 mars 2016, une Mission internationale « Justice pour Berta Cáceres »1, composée de 13 personnes de 6 pays d’Amérique et d’Europe, a visité le Honduras du 16 au 21 mars 20161. Ses travaux préliminaires réaffirment que le crime perpétré contre Berta Cáceres est un crime politique, et questionnent fortement l’attitude des autorités honduriennes dans un processus d’enquête totalement opaque.

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Berta Cáceres ist nicht gestorben – sie hat sich vervielfacht

Ich war im Herbst 2014 bis anfangs 2015 während etwas mehr als fünf Monaten für Peace Watch Switzerland als Menschenrechtsbeobachter im Einsatz in Honduras und habe in dieser Zeit regelmässig auf diesem Blog von meinen Erfahrungen berichtet. Obwohl ich nun bereits seit einem Jahr zurück in der Schweiz bin, verfolge ich nach wie vor ein wenig, was in Honduras vor sich geht.

Am 3. März erhielt ich die traurige Nachricht, dass Berta Cáceres, eine der wichtigsten und bekanntesten Persönlichkeiten der Menschenrechts- und Umweltschutzbewegung in Honduras Opfer eines grausamen Mordanschlags wurde. In der Nacht auf den 3. März sind zwei vermummte Personen in ihr Zuhause eingedrungen, haben sie brutal überwältigt und mit mehreren Schüssen getötet.

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Un deuxième membre du COPINH assassiné

Après l’assassinat d’un second membre du COPINH en deux semaines, la banque de développement des Pays-Bas FMO et le Finnfund suspendent leurs investissements dans le projet de barrage d’Agua Zarca.

Onze jours après Berta Cáceres, un second membre de l’organisation autochtone COPINH a été assassiné. Nelson García, résident de la communauté de Río Chiquito dans le Département de Cortés, a été assassiné par des personnes inconnues alors qu’il revenait dans sa famille après avoir aidé à déménager les affaires des familles expulsées de la communauté de Rio Chiquito.

La pression des activistes et organisations de la société civile honduriennes et internationales se poursuit. Une commission internationale arrive aujourd’hui au Honduras et des manifestations sont prévues sur le plan national.

Deux investisseurs ont déjà annoncé la suspension de leurs investissements: une première victoire pour le COPINH qui se bat depuis des années pour protéger le territoire lenca.(http://business-humanrights.org/en/honduras-second-member-of-indigenous-group-murdered-within-2-weeks-dutch-development-bank-suspends-activity)

Extraits du communiqué du COPINH sur l’assassinat de Nelson García, 15 mars 2016:

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« Berta nous a appris à lutter pour la vie sans se laisser arrêter par la peur de mourir »

Interview de Tomas Goméz du Conseil civique des organisations populaires et indigènes du Honduras (COPINH) 1,

Lundi 14 mars 2016

Lors d’une interview récente, deux des filles de Berta Cáceres, dirigeante indigène lenca, combattante infatigable contre le modèle patriarcal colonial d’extraction des ressources, qui privatise et pie les biens communs naturels du Honduras, me disaient que la lutte de leur mère n’a jamais été quelque chose d’individuel, mais profondément enracinée dans l’organisation qu’elle coordonnait : le COPINH.

Berta a été attaquée et assassinée de manière lâche à l’aube du 3 mars dernier. Un coup qui a secoué la société hondurienne jusque dans ses bases et qui oblige, aussi bien le COPINH que l’ample spectre d’organisations sociales et populaires du Honduras, à repenser une stratégie unitaire pour faire face à cette nouvelle escalade de violence et de persécution.

La formation, samedi 12 mars, de l’Articulation populaire hondurienne « Berta Cáceres » avec pour but d’impulser un projet unitaire de mobilisation et de lutte, est une première réponse, à partir des mouvements sociaux, aux assassins de Berta. La grande mobilisation des peuples autochtones et noirs qui aura lieu ce jeudi 17 mars est une expression de plus de la volonté ferme du peuple hondurien d’exiger la justice.

Depuis que Berta Cáceres a commencé à se multiplier dans les luttes quotidiennes des Hondurien·ne·s2, Tomas « Tomasito » Gómez Membreño, actuel secrétaire d’organisation du COPINH, s’est maintenu aux côtés de la famille de la dirigeante indigène, pour exiger à l’unisson une véritable justice pour Berta, la sanction des responsables intellectuels et matériels, et la fin de la persécution du sociologue écologiste [mexicain] Gustavo Castro Soto3.

Pour le COPINH, il n’a pas été facile de gérer tout ce qui s’est passé cette dernière semaine, et cela ne le sera pas non plus à l’avenir. Néanmoins, l’organisation lenca assure être prête. « Berta nous a appris à lutter pour la vie, peu importe la peur à la mort. C’est cela que nous continuerons de faire ! », a exprimé Tomas Gómez.

Le coup a été dur. Comment le COPINH vit-il ce moment et comment il se réorganise ?

Cela a été un coup dur tant pour le COPINH que pour le peuple lenca et le monde entier. Nous sommes en train de nous réorganiser et recommencer de nouvelles actions. Le COPINH a toujours eu une forte dynamique de lutte et nous allons continuer ainsi, cette fois avec l’impulsion que nous donne le souvenir de notre camarade Berta Cáceres.

Notre lutte pour qu’il n’y ait plus de privatisation des biens communs naturels, et pour que tous ces projets de mort, hydroélectriques et miniers, s’en aillent de nos communautés. Les privatisations et les concessions [minières, hydro-électriques, etc.], ne génèrent que plus de violence, plus d’assassinats et plus de criminalisation de la contestation sociale.

Selon le COPINH, qui est responsable de l’assassinat de Berta ?

Nous savons que l’assassinat de Bertha répond à ces mêmes politiques de privatisation, impulsées par ceux qui sont disposés à accorder plus de concessions et vendre les ressources naturelles de notre pays. Ce sont les mêmes qui pensent qu’en assassinant la camarade Bertha Cáceres la lutte s’achève. Ils se trompent, parce que depuis sa mort nous continuons avec plus de luttes, plus d’actions, et nous allons nous maintenir mobilisés de manière permanente.

Est-ce que vous vous attendiez à cette escalade de violence ?

Notre organisation et Berta elle-même avons souffert des menaces répétées, des attaques, des attentats. Ils nous ont tout fait. Nous n’écartions pas la possibilité qu’ils puissent attenter à la vie de dirigeant·e·s du COPINH et des communautés lencas, comme cela s’était déjà produit à Rio Blanco4, et maintenant avec Berta.

A plusieurs occasions, le COPINH a accompagné les filles de Berta Cáceres, les seules autorisées à parler au nom de la famille, et ensemble vous avez dénoncé plusieurs irrégularités dans le cadre de l’enquête.

Dès le début, ils ont voulu criminaliser et désarticuler le COPINH, en présentant [l’assassinat de Berta] comme un crime passionnel ou le produit de conflits internes à l’organisation. La justice met en place une trame perverse pour accuser les membres du COPINH et ainsi le gouvernement se lave les mains, s’enlève le poids de la pression nationale et internationale.

Quel est l’héritage que laisse Berta ?

L’héritage qu’elle laisse au peuple lenca, au Honduras, au monde, c’est une lutte forte, tenace, pour faire plier ces entreprises nationales et internationales, ces institutions financières qui investissent dans des projets de mort, le financement des États-Unis aux pays du Triangle Nord (Salvador, Guatemala, Honduras) à travers l’Alliance pour la Prospérité, qui génèrent des ressources économiques pour la construction de barrages.

L’héritage que laisse Berta c’est le COPINH et sa capacité à continuer la lutte.

Après l’assassinat de Berta, tu n’a pas peur pour ta vie ?

L’assassinat de notre camarade Berta a dépassé les frontières et a eu un impact dans le monde entier. Néanmoins, la stratégie continue d’être la même : détruire notre organisation, en la divisant, en la criminalisant et lui coupant sa tête.

Après l’assassinat, ils ont essayé de m’impliquer ainsi que d’autres dirigeant·e·s, de nous arrêter, mais ils n’ont pas pu. Donc nous croyons que le prochain pas pourrait être de nous attaquer physiquement.

Je profite de l’occasion pour dénoncer qu’il y a quelques jours 4 hommes fortement armés, habillés en civil, sont venus me chercher à mon domicile. Heureusement je n’y étais pas.

J’ai peur, pourquoi le nier ? Mais je dois aussi poursuivre cette lutte que nous a laissée notre camarade Berta Cáceres. Elle nous disait toujours qu’elle avait peur des menaces de mort qu’elle recevait, mais qu’il fallait continuer la lutte, sans se laisser stopper par la peur de la mort.

Nous allons continuer son héritage.

Les organisations de la société civile appellent à une manifestation nationale pour jeudi et vendredi au Honduras

1 Par Giorgio Trucchi: http://nicaraguaymasespanol.blogspot.com.co/2016/03/honduras-bertha-nos-enseno-luchar-por.html.  Traduction et notes Sabine Masson (observatrice suisse sur place)

2 Allusion au fait que depuis l’assassinat de Berta, dans les mobilisations les gens ont clamé être « tous et toutes Berta » et des portraits d’elle ont surgi partout.

3 Gustavo Castro, seul témoin, était présent lors de l’assassinat de Berta et a été blessé. Il est actuellement retenu par les autorités honduriennes et empêché de sortir du pays.

4 En juillet 2013, des militaires ont ouvert le feu contre une manifestation de paysan·e·s indigènes contre la construction d’un barrage à Rio Blanco, tué un dirigeant lenca de cette communauté, Tomás Garcías, et blessé trois autres personnes.

Internationaler Tag der Frauen in Lateinamerika

Heute, am 8. März, ist internationaler Tag der Frauen. Werfen wir doch einen Blick auf die Situation der Frauen in Lateinamerika:

Einerseits ist mit der Verurteilung der verantwortlichen Militärs wegen sexueller Sklaverei im Fall Sepur Zarco in Guatemala ein grosser Erfolg für die Anerkennung sexueller Gewalt gegen Frauen zu verzeichnen. Dies ist auch der Härte und Unerschrockenheit der Gerichtspräsidentin Yasmin Barrios, die bereits im Genozidfall trotz starkem Druck und Bedrohungen seitens der Interessensvertreter des guatemaltekischen Militärs der Unabhängigkeit und Berufung zur Gerechtigkeit ihres Mandates treu geblieben ist und den  Genozid und die Sexuelle Sklaverei verurteilte. Die Überlebenden Frauen drücken im nachfolgenden Bild ihre Erleichterung und Erfüllung für die nach so langer Zeit endlich erreichte Anerkennung aus.

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Sandra Sebastián

Andererseits zeigen allein der Fakt, dass sexuelle Gewalt gegen Frauen als Kriegswaffe vewendet wird, und die Tatsache, dass die Anzahl der weiblichen Opfer in bewaffneten Konflikten grösser ist als die der männlichen, wie schief etwas in unserer patriarchalischen Gesellschaft läuft. So ein Kommandant der UN Sondereinheit in der Demokratischen Republik Kongo:

Es ist gefährlicher eine Frau zu sein als ein Soldat in modernen Konflikten.

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Honduras

Légende © Renaud Vuignier/2015

Begleitung eines Menschenrechts-verteidigers bei seiner Rückkehr in seine Gemeinde, nachdem er sich zu seinem Schutz mehrere Wochen bei COFADEH aufgehalten hat ©Renaud Vuignier/2015

Im Sommer 2009 putschte in Honduras das Militär gegen den gewählten Präsidenten Manuel Zelaya. Das verarmte zentralamerikanische Land ist seither deutlich unsicherer geworden. Mit politischer Instabilität und zunehmender Gewalt hat sich auch die Menschenrechtslage gravierend verschlechtert. Schwere Verletzungen der Menschenrechte durch Sicherheitskräfte oder andere bewaffnete Akteure gehen einher mit Straflosigkeit. Politische Morde, Bedrohungen und Vertreibungen sind an der Tagesordnung.

PWS entsendet freiwillige Begleitpersonen in das Projekt PROAH (Proyecto de Acompañamiento Internacional en Honduras), welches durch seine internationale Präsenz MenschenrechtsverteidigerInnen einen gewissen Schutz gewährt.

La coopération suisse au Honduras

Christelle Genoud, observatrice de PWS-PROAH au Honduras, a récemment rédigé un article sur le rôle de la coopération suisse au Honduras sur le blog de foraus:

Depuis le coup d’Etat de 2009, le Honduras est victime d’une militarisation croissante, de taux d’assassinats et d’impunité records, ainsi que de corruption et d’inégalité grandissantes. Dans ce contexte, quelle est la stratégie de la coopération suisse au Honduras ?

Le 29 janvier 2015, le Président Obama a sollicité au Congrès américain un budget d’un milliard destiné à un projet d’aide en Amérique Centrale (Honduras, Guatemala et Salvador) appelé Alliance pour la Paix et la Prospérité du Triangle Nord. Depuis, le débat s’est ouvert sur la capacité de ce plan à réellement endiguer les problèmes économiques et sécuritaires de ces pays. Dans sa majorité, les spécialistes du Honduras dénoncent un plan récompensant les responsables de ces problèmes, c’est-à-dire les entreprises privées ainsi que l’oligarchie. Cette question nous renvoie aux défis que la coopération internationale (CI) rencontre dans ce pays : illustration au travers du cas suisse.

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