Un deuxième membre du COPINH assassiné

Après l’assassinat d’un second membre du COPINH en deux semaines, la banque de développement des Pays-Bas FMO et le Finnfund suspendent leurs investissements dans le projet de barrage d’Agua Zarca.

Onze jours après Berta Cáceres, un second membre de l’organisation autochtone COPINH a été assassiné. Nelson García, résident de la communauté de Río Chiquito dans le Département de Cortés, a été assassiné par des personnes inconnues alors qu’il revenait dans sa famille après avoir aidé à déménager les affaires des familles expulsées de la communauté de Rio Chiquito.

La pression des activistes et organisations de la société civile honduriennes et internationales se poursuit. Une commission internationale arrive aujourd’hui au Honduras et des manifestations sont prévues sur le plan national.

Deux investisseurs ont déjà annoncé la suspension de leurs investissements: une première victoire pour le COPINH qui se bat depuis des années pour protéger le territoire lenca.(http://business-humanrights.org/en/honduras-second-member-of-indigenous-group-murdered-within-2-weeks-dutch-development-bank-suspends-activity)

Extraits du communiqué du COPINH sur l’assassinat de Nelson García, 15 mars 2016:

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« PUEBLO! PUEBLO! » – Cri d’un espoir commun encore vivant.

Vendredi 3 septembre 2015, les travailleurs de l’entreprise Aportes San Isidro ont brûlé la maison et tous les biens d’Eliodoro Mercado et de sa famille, habitants de la communauté de Las Pavas. Comment les communautés de paix réussissent-elles à maintenir leur stratégie de résistance non-violente face à ce harcèlement, s’interroge Tatiana, qui a accompagné la communauté en 2015.

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Travailleurs de Las Pavas se rendant sur leurs parcelles ©TRodriguez2015

Imaginez : vous êtes paysan et votre terre, c’est votre vie. Vous partez travailler votre parcelle que vous partagez avec la communauté dans laquelle vous vivez. À votre arrivée, le chef de sécurité privée de l’entreprise d’huile de palme qui tente de s’accaparer vos terres est déjà sur place avec des travailleurs des communautés voisines. Ils vous narguent avec un ton provocateur et agressif.

Soudain, la police arrive et déclare qu’elle vient protéger le photographe de l’entreprise qui vous menace pour lui permettre de vous prendre en photo sans confrontation. Vous tentez d’expliquer le problème et, qu’au fond, c’est vous la victime !

Une dispute s’ensuit où chaque partie maintient sa position. Lorsque vous vous rendez compte que la confrontation pourrait devenir violente, vous décidez de rappeler à chacune des personnes de votre communauté présentes quelle est votre stratégie. Chacun se tranquillise et la discussion se poursuit. La police vous aide à trouver une solution…

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Colombie

La Colombie vit depuis plusieurs décennies une situation de conflit interne qui a entraîné le déplacement forcé de millions de personnes de leurs terres. PWS accompagne des communautés et familles de petits paysans dans le processus de récupération des terres dans le cadre de la loi d’indemnisation des victimes du conflit. La présence d’observatrices et observateurs internationaux permet d’éviter ou de limiter les incursions d’acteurs armés dans les villages et hameaux. Les communautés peuvent ainsi retourner à leurs activités quotidiennes et s’engager au sein d’associations pour faire valoir leurs droits. 

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Accompagnement protecteur en Colombie ©Anne Berentsen/2013

Depuis 2009, PWS accompagne en Colombie des communautés de petits paysans qui se trouvent dans un processus de lutte pour la terre. Ces démarches leur font encourir des risques élevés. Les menaces, expulsions et l’utilisation de la violence physique sont des moyens de pression très fréquemment utilisés en Colombie afin de préserver des intérêts politiques ou économiques.

PWS accompagne actuellement trois villages dans la région du Magdalena Medio, une région tropicale située dans la région centrale du cours du fleuve Magdalena. Deux de ces villages sont des cas emblématiques dans le cadre de la politique de restitution des terres aux personnes déplacées internes du gouvernement Santos. Ils sont de ce fait au coeur de l’attention publique colombienne.