Bonnes nouvelles du Guayabo!

Magnifique nouvelle pour les habitant-e-s des communautés d’El Guayabo et de Bella Unión! Après plus de six mois, trois de leurs leaders, Eric, Jhon Fredy et Santos Peña ont pu rentrer à la maison et retrouver les leurs.

Depuis le mois d’avril, ces trois leaders se cachaient et n’osaient pas revenir chez eux en raison d’ordres de détention déposés par Rodrigo Lopez Henao auprès du ministère public. Cette démarche fait partie d’une stratégie de criminalisation des leaders communautaires et des défenseurs des droits de l’homme en les présentant comme des fauteurs de troubles violents. Après des mois de négociation entre leurs avocats et la procureure, mais aussi grâce à la pression constante d’organisations sociales telles que PAS et du bureau des Nations Unies pour les droits de l’Homme, le cauchemar a enfin pris fin pour ces leaders et leur famille.

A leur arrivée à El Guayabo, ils ont été accueillis par une foule enthousiaste. C’est aussi un immense soulagement pour leur femme et leurs enfants qui ont vécu de longs mois d’angoisse où ils ont dû en sus prendre en charge les travaux des champs. Peu après la publication de la nouvelle, les familles se sont longuement prises dans les bras, sous le coup de l’émotion. Une belle victoire pour El Guayabo et Bella Unión, pour le processus en cours contre le déplacement forcé de la communauté de ses terres et pour nous également, organisations de défense des droits humains.

Mais malgré cette immense joie, nous ne devons pas oublier que le quatrième leader, Alvaro García, reste emprisonné. Une audience prévue le 4 novembre a été à nouveau repoussée. Il restera donc visiblement détenu sans jugement jusqu’au début de l’année prochaine. Sa famille devra bien tristement passer les jours de Noël sans lui…

El fondo monetario internacional (FMI) no es extranjero?

Après la libération le 22 juillet 2016 de sept prisonniers politiques du département de Huehuetenango, l’observatrice de PWS-ACOGUATE Leila Haccius a rencontré  l’un d’entre eux, Rigoberto Juárez Mateo. L’entretien complet est en espagnol, un extrait est publié dans notre bulletin PWS Info du mois de novembre.
Continue reading

GUATEMALA CITY – “NI EL OLVIDO – NI EL PERDÓN”

In der guatemaltekischen Hauptstadt wird weiter an der Vergangenheit gearbeitet. Peace Watch Switzerland (PWS) begleitet das pendente Verfahren des Massakers des Dorfes “Dos Erres”. Über dreissig Jahre nachdem Bürgerkrieg versuchen Angehörige der Opfer weiterhin, ein rechtskräftiges Urteil für die Verantwortlichen aus diesem dunklen Kapitel einzufordern.

Die Vorgeschichte des aktuellen Verfahrens beginnt im Jahr 1982 im Departement Petén. Im Rahmen einer strategisch ausgerichteten Widerstandbekämpfung ist die komplette Bevölkerung eines Dorfes von einem Kommando gezielt exekutiert worden. Verschiedene Opfervereinigungen fordern nun die Wiederaufnahme des Prozesses gegen den damaligen Machthaber Efraín Ríos Montt. Der ehemalige Präsident, bereits 2012 wegen Genozids und Verbrechen gegen die Menschlichkeit angeklagt und verurteilt, soll nun erneut vor Gericht erscheinen, beantragen Angehörige der Opfer des Massakers. Ríos Montt profitiert von der Tatsache, dass das guatemaltekische Verfassungsgericht das Urteil nur wenige Zeit nach dem Schuldspruch mit Verweis auf Verfahrensfehler aufgehoben hat. Seit dem letzten Jahr wird die Wiederaufnahme des Strafverfahrens von offizieller Stelle geprüft. Die Verteidigung des Ex-Generals, mittlerweile 90 Jahre, macht geltend, dass ihrem Mandanten durch seine fortgeschrittene Demenz kein Prozess mehr zugemutet werden kann. (S. dazu Blogeinträge zum Genozidprozess.) Angehörige wie Menschenrechtsorganisationen bekämpfen diesen Ansatz vehement.  Die Ansage “Ni el olvido – ni el perdón” (kein Vergessen – kein Vergeben) ist allgegenwärtig in der Hauptstadt.

Continue reading

El Estor: Schüsse gegen das Haus der Menschenrechtsverteidigerin Angélica Choc

Am Freitag, den 16. September 2016, wurden von bislang Unbekannten Schüsse gegen des Haus unserer Begleiteten Angélica Choc abgegeben, während sie und zwei ihrer Kinder drinnen am schlafen waren. Am Morgen rief sie die Polizei, die Patronenhülsen auf der Strasse und vier Einschusslöcher in der Wand des Hauses fand. Momentan gibt es noch keine Verdächtigen für den Vorfall.

Zwei unserer Acompañantes reisten in der Folge nach El Estor und von dort mit Angélica nach Morales im Departament Izabal, damit sie Anzeige erstatten kann.

Angélica Choc ist Menschenrechtsverteidigerin und unter anderem Klägerin in einem Gerichtsverfahren gegen den ehemaligen Sicherheitschef der Compañia Guatemalteca de Niquel, CGN. Der Angriff geschieht zum Zeitpunkt, als sich dieser Prozess in einer entscheidenden Phase befindet. Es wird erwartet, dass der Prozess bald ein Ende nimmt. Wir begleiten auch den Prozess seit Monaten, obwohl er hinter verschlossenen Türen stattfindet. Unsere wöchentliche Präsenz ausserhalb des Gerichtssaals gibt Angélica moralische Unterstützen und ist auch ein Signal an den lokalen Justizapparat, dass die internationale Öffentlichkeit darüber informiert wird, was in Puerto Barrios (6 Busstunden östlich von Guatemala Stadt) entschieden wird. Continue reading

Acht beerdigt, Tausende weiterhin verschwunden

Der 30. August ist der internationale Tag der Verschwundenen. Zu diesem Gedenktag fanden in ganz Guatemala verschiedenste Aktionen statt. Im internen bewaffneten Konflikt, der 36 Jahre dauerte, wurden mehr als 45’000 Personen gewaltsam verschwunden gelassen. Der Grossteil von ihnen wurde letztmalig in der Gewalt des Militärs oder der Polizei gesehen und tauchte seitdem nicht mehr auf. Ihre Angehörigen suchen die „desaparecidos“ seit mehr als 30 Jahren

Meine erste Reise als internationale Menschenrechtsbegleiterin führte mich nach Cobán, Hauptstadt der Provinz Baja Verapaz. Dort wurden am 30. August 2016 die sterblichen Überreste von acht dieser 45’000 vermissten Personen ihren Familien übergeben. FAMDEGUA (eine Organisation von Angehörigen von Verschwundenen) richtete den Anlass in Zusammenarbeit mit der FAFG (einem Insititut für anthropologische Forensik, welches die Exhumierung und Identifikation der Opfer übernommen hatte) aus. Continue reading

Quand la Justice décide de rompre avec l’impunité: une sentence historique en faveur de 7 autorités indigènes au Guatemala

« Il est préoccupant pour les juges que des accusations pénales puissent être formalisées sur la base de faits qui ne sont pas avérés. Nous sommes en 2016, il s’agit d’une nouvelle ère, nous ne sommes pas sous l’Inquisition ». Yassmín Barrios, lors de la lecture du jugement, le 22 juillet 2016.

La situation dans le nord du Département de Huehuetenango: agressions physiques et persécution légale

Le vendredi 22 juillet 2016 à 21h54, heure du Guatemala, une sentence d’une grande importance a été prononcée par la juge Yassmín Barrios Aguilar, celle-là même qui avait secoué l’opinion en condamnant l’ex-dictateur Efraín Ríos Montt pour génocide en mai 2013. En un peu plus de trois ans, la magistrate cumule ainsi deux jugements historiques: le premier, concernant les crimes commis durant la dictature et le deuxième, la défense actuelle du territoire et des ressources naturelles. Bien qu’elle admette en savoir « très peu sur le droit des peuples indigènes », la juge a fait preuve d’une clairvoyance peu commune en décidant à deux reprises de placer sa sentence du côté des peuples autochtones. Elle a ainsi choisi d’inverser la tendance d’un État qui, historiquement, a nié leurs droits et continue de les opprimer aujourd’hui. Cela constitue un admirable exercice d’autocritique, ce qui est rare chez un agent de l’État, qui plus est, l’un des plus hauts postes du système judiciaire.

Continue reading

Indigene Gemeindeanführer freigesprochen

Der Prozess gegen sieben Anführer der Maya-Q’anjob’al gegen Wasserkraftprojekte in Huehuetenango endet nach über einem Jahr Haft mit Freisprüchen. Nach elf Verhandlungstagen kam das Gericht am Freitag, 22. Juli 2016, zu dem Schluss, dass die Anschuldigungen ungerechtfertigt waren und die sieben Angeklagten sofort freigelassen werden müssen.

Richterin Yassmin Barrios erklärte nach dem Urteilsspruch: “Wir Richter dürfen nicht instrumentalisiert werden. Es kann nicht sein, dass Personen ohne Beweise verhaftet werden. In diesem Fall liegen keine Beweise vor. Die Angeklagten sind unschuldig. Sie wurden ungerechtfertigter Weise als indigene Führer angeklagt. Das Justizsystem und die Unternehmen rufe ich auf, es zu unterlassen, weiterhin die indigenen Völker zu kriminalisieren. Wir alle haben das Recht, in Frieden zu leben.”

Der ganze Artikel von Barbara Klitzke Rozas (2014 als PWS-Freiwillige in Guatemala im Einsatz) vom 25. 07. 2016 kann auf amerika21 gelesen werden.

El Guayabo / Bella Unión: Une visite en prison et un mariage

Le 23 juin, nos deux observatrices publiaient cet article sur le blog allemand.

En mai, nous avions relaté l’arrestation du leader Álvaro Garcia opérée le 24 avril 2016. Álvaro est toujours en prison à Barrancabermeja et attend sa première audition. Selon le droit colombien, elle devrait être agendée dans les 90 jours après l’arrestation. Aucune date n’a été fixée à ce jour.

Cette incertitude est très difficile à vivre pour Álvaro et sa famille. En raison du  long trajet et des coûts très élevés des transports, seul un de ses sept enfants a pu lui rendre visite en prison.

Dimanche, c’est le jour des visites en prison. Chaque prisonnier peut recevoir deux personnes entre 10h et 14h. Mais le dimanche précédent, la visite avait été refusée à plusieurs membres d’une ONG, bien qu’Álvaro n’aie pas atteint le nombre autorisé de visites. Lorsque nous avons tenté notre chance, seule une d’entre nous a été autorisée à entrer. En raison de notre veste verte qui nous identifie comme observatrices de Peace Watch nous avons toutefois reçu finalement l’autorisation d’y entrer toutes les deux.

Par respect pour son âge, Álvaro est emprisonné avec cinq autres personnes dans un espace un peu plus grand que les autres, aménagé avec une machine à café et une télévision. Plusieurs organisations se sont organisées pour assurer et lui amener ses repas de midi. Le repas du soir est assuré par la prison. Le repas de midi est nettement meilleur, souligne Álvaro.

Le dimanche, la cellule d’Álvaro se transforme en salle de visite. Tous les prisonniers amènent leur matelas. Les membres des familles s’asseyent sur les matelas ou sur des chaises. La télévision assure le bruit de fond permanent. Aucune sphère privée, pas même pour les couples étroitement enlacés.

Compte tenu des circonstance, Álvaro se porte bien. Il est persuadé qu’il va prochainement être libéré et, peut-être, mis en résidence surveillée. Mais nous n’assisterons pas à sa libération car nous terminerons notre mandat dans le Magdalena Medio mi-juillet. Nous ne savons pas non plus, si nous pourrons à nouveau lui rendre visite car nous sommes souvent présentes dans les communautés les dimanches. Nous quittons la prison avec un drôle de sentiment.

Tandis qu’Álvaro reste en prison et que les trois autres leaders restent cachés, la vie des familles et des deux communautés continue. Le quotidien a repris le dessus.

Un événement bienvenu a été un grand mariage annoncé de longue date et qui s’est déroulé le 18 juillet à El Guayabo : douze couples se sont fait bénir dans le cadre d’une longue cérémonie catholique de deux heures. De nombreux couples dans les communautés ne sont pas mariés ni civilement ni religieusement. Plusieurs des couples qui se mariaient ce jour-là vivaient déjà ensemble depuis des années, voire des décennies.

IMG_2791

Mariage de masse à El Guayabo © Monika Stucki 2016

C’était une vision surprenant de découvrir ce jour-là ces femmes et ces hommes dans leurs habits de mariage. Certains parents avaient traversé toute la Colombie pour partager ce moment avec leur famille. La pluie drue et une courte coupure de courant n’ont pas réussi à gâcher la fête. Pour tout le village – et aussi pour nous – ce fut un très beau jour, très particulier.

Sibylle Schaffhauser et Monika Stucki, Barracabermeja, 23 juin 2016

Ouverture du procès contre les défenseurs du territoire du nord de Huehuetenango

Francisco Juan Pedro, Adalberto Villatoro, Arturo Juan Pablo et Ermitaño López de Barillas, ainsi que Domingo Baltazar et Rigoberto Juárez de Santa Eulalia, ont été arrêtés entre février et mars 2015 en raison de leurs activités de défense du territoire et des ressources naturelles dans le nord du département de Huehuetenango. Les six défenseurs des droits de l’Homme accompagnés par Acoguate sont en prison préventive depuis plus d’une année. Le  débat oral public débute le 6 juillet.

Les stratégies de criminalisation

Les stratégies de criminalisation utilisées par les institutions étatiques et qui visent à déstructurer les mouvements de résistance profitent des déséquilibres de pouvoir entre les acteurs communautaires et les entreprises et impliquent une utilisation abusive du droit pénal.

Dans le cas des leaders communautaires de Barillas et Santa Eulalia, il est évident que leur arrestation et leur détention est en lien avec leurs activités de défense du territoire. Les accusations faites par les autorités restent vagues et incohérentes.

Continue reading

Procès pour le génocide ixil : entre stagnation et commémoration

Le sort du procès historique contre l’ancien dirigeant militaire Ríos Montt et le chef d’intelligence militaire Rodríguez Sánchez est plus incertain que jamais. Les deux accusés font face à la justice pour décider de leur responsabilité en ce qui concerne les délits de génocide et de crimes contre l’humanité commis en 1982 et 1983. Après avoir été jugés en 2013, le Tribunal de Risque Majeur A avait déclaré coupable l’accusé Ríos Montt et l’avait condamné à une peine d’emprisonnement de 80 ans. Dix jours plus tard, la sentence était annulée et tout le processus était à recommencer.

À la cinquième tentative, le procès s’est rouvert près de trois ans plus tard, le 16 mars 2016 sous la direction du Tribunal de Risque Majeur B. La deuxième ronde du procès n’aura pas fait long feu. Le 4 mai 2016, le procès s’est vu nouvellement suspendu en cours de route en raison d’un recours qui devait être résolu pour continuer le procès. Les plaignants (AJR et CALDH) avaient interposé un recours pour séparer les cas de Ríos Montt et de Rodríguez Sánchez, qui étaient jugés conjointement. Pour des raisons de santé mentale, le tribunal a décidé que le procès de Ríos Montt devait se réaliser à huis clos, c’est-à-dire sans la présence du public ni de la presse. Conséquemment, ces conditions s’appliquaient aussi à Rodríguez Sánchez, malgré le fait qu’on ne lui ait pas déclaré de problème de santé mentale. Ainsi, le public et la presse ne pouvaient assister aux audiences de ce dernier accusé, ce qui violait le principe de publicité dont devraient bénéficier un procès portant sur des crimes de cette envergure.

Continue reading