El Guayabo / Bella Unión: Ein Gefängnisbesuch und eine Hochzeit

Am 6. Mai 2016 berichteten wir über die Verhaftung des Leader Álvaro Garcia vom 24. April 2016. Álvaro ist noch immer im Gefängnis in Barrancabermeja und wartet auf seine erste Anhörung. Diese muss gemäss kolumbianischem Recht innerhalb der ersten 90 Tage nach der Verhaftung stattfinden. Bis jetzt wurde noch kein Datum bekannt gegeben.

Die Ungewissheit ist für Álvaro und seine Familie schwierig. Wegen der langen und beschwerlichen Anfahrt sowie den damit verbundenen hohen Kosten hat ihn bis anhin nur eines seiner sieben Kinder im Gefängnis besuchen können.

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Bonnes nouvelles de Las Pavas

Plan de retour et planification de construction d’infrastructures

Les 120 familles paysannes de Las Pavas, réunies au sein de la communauté agricole ASOCAB (Asociación de Campesinos de Buenos Aires), ont été expulsées une première fois de leurs terres en 2003. Durant les années qui ont suivi, elles ont à trois reprises tenté de revenir sur leurs terres, devant toutefois à chaque fois fuir à nouveau pour des raisons de sécurité. La quatrième et dernière expulsion a eu lieu en 2009 par les forces de sécurité de la société d’huile de palme Aportes San Isidro.

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Gute Nachrichten aus Las Pavas

Rückkehrplan und geplanter Ausbau von Infrastruktur

Die ca. 120 Kleinbauernfamilien von Las Pavas, welche sich in der Bauerngemeinschaft ASOCAB (Asociación de Campesinos de Buenos Aires) zusammengeschlossen haben, wurden im Jahr 2003 das erste Mal von ihrem Land vertrieben. In den Folge-jahren kam es zu drei Rückkehrversuchen, jedoch mussten die KleinbäuerInnen aus Sicherheitsgründen ihr Land jedes Mal erneut verlassen. Die vierte und letzte Vertreibung fand im Jahr 2009 durch die Sicherheitskräfte der Palmölfirma Aportes San Isidro statt. Continue reading

Leader arreté, maisons fouillées, émission de mandats d’arrêts

Les incidents se sont rapidement succédé dans les communautés d’El Guayabo et Bella Unión. Le matin du 24 avril 2016, les forces de l’ordre ont fouillé plusieurs maisons et une personne a été arrêtée. Les maisons appartenaient à quatre leaders communautaires. Un seul d’entre eux, Álvaro García, se trouvait chez lui à ce moment: il a été arrêté et emmené le jour-même à Barrancabermeja. Il est accusé de détention illégale et de fabrication d’armes ainsi que d’appartenance à un réseau de criminalité organisé. Ces accusations font suite à des incidents survenus en octobre et décembre 2014 lors de l’évacuation d’une finca marquée par une forte présence policière (voir les infos sur cet événement ici ici (en anglais). A ce moment, nous ne savions pas encore ce qu’il en était des accusations à l’encontre des trois autres leaders. Continue reading

Leader verhaftet, Hausdurchsuchungen, Haftbefehle

Die Ereignisse in El Guayabo und Bella Unión haben sich in den letzten Tagen überschlagen. Am frühen Morgen des 24. April 2016 kam es in den Gemeinden El Guayabo und Bella Unión zu Hausdurchsuchungen sowie einer Verhaftung. Die Hausdurchsuchungen fanden in den Häusern und Fincas von vier Führungsmit-gliedern (leader) der Gemeinden statt. Nur einer der leader, Álvaro García, hielt sich zum Zeitpunkt der Durchsuchung in seinem Haus auf. Er wurde verhaftet und noch am selben Tag nach Barrancabermeja gebracht. Ihm wird unter anderem illegaler Besitz und Herstellung von Waffen sowie organisierte Kriminalität vorgeworfen. Die Anschuldigungen gründen auf Vorkommnissen vom Oktober und Dezember 2014, als es zu einer von starker Polizeipräsenz begleiteten Räumung einer Finca kam (siehe Infos dazu auf diesem Link (englisch)). Ob die anderen drei leader ebenfalls zur Verhaftung ausgeschrieben wurden, war zu diesem Zeitpunkt unklar. Continue reading

El Guayabo – Die Idylle trügt

Seit über zweieinhalb Jahren werden die Gemeinden El Guyabao und Bella Unón vom Grossgrundbesitzer Rodrigo Lopez Henao, welcher Anspruch auf das Land der Gemeinden erhebt, bedroht und schikaniert. Obwohl die Gemeindemitglieder die Vorfälle – u. a. Bedrohungen, unerlaubtes Betreten und Nutzen der Grundstücke und gezielte Zerstörung – immer wieder anzeigen, ist es bis anhin noch nie zu einer Verurteilung gekommen. Auch der Bitte nach staatlichem Schutz sind die Behörden nicht nachgekommen. Viel mehr treten Vertreterinnen der Behörden immer wieder zusammen mit Henao in Erscheinung. Erst diese Woche erschien Henao zum Beispiel unangekündigt und grundlos in Begleitung von Polizisten, um das Land von zwei Gemeindemitgliedern zu vermessen. Solche Aktionen zeigen das Machtungleichgewicht.

Sibylle Schaffhauser und Monika Stucki, Barrancabermeja, 6. Mai 2016

 

Erster Augenschein vor Ort

Seit dem 13. März 2016 sind wir als Menschenrechtsbeobachterinnen für Peace Watch Switzerland (PWS) in der Region Magdalena Medio im Einsatz. In den nächsten vier Monaten werden wir die Kleinbäuerinnen und -bauern der Dorfgemeinschaften Las Pavas/Buenos Aires, El Garzal/Nueva Esperanza und El Guayabo/Bella Union im gewaltfreien Kampf um ihre Landrechte begleiten. In allen drei Dorfgemeinschaften wird den Menschen ihr Land auf unterschiedlichste Art und Weise und durch verschiedenste Aggressoren streitig gemacht.

Während der Einführung durch unsere Koordinatorinnen der lokalen Partnerorganisation Pensamiento y Acción Social (PAS) trafen wir uns mit diversen staatlichen und nichtstaatlichen Organisationen. Auch konnten wir auf einer viertägigen Reise in die Dorfgemeinschaften erste Eindrücke vor Ort sammeln. Es bestätigte sich einmal mehr, dass die Mühlen des kolumbianischen Staates langsam mahlen, sodass der Bericht von Karin Leisibach vom März 2015 kaum an Aktualität verloren hat (http://peacewatch.ch/fileadmin/user_upload/colombia/dokumente/Einsatzbericht_Kolumbien_24.3.15_Karin_Leisibach-2.pdf).

Die nächste längere Reise in die Dorfgemeinschaften steht bereits an. Auf diesem Blog werden wir über die (Teil)erfolge, Rückschläge, Freuden und Sorgen der campesin@s berichten.

Monika Stucki und Sibylle Schaffhauser, Barrancabermeja, 28. März 2016

Un jour dans la peau d’une observatrice internationale des droits de l’Homme

C’était le 23 août dernier. J’arrivais en Colombie et m’apprêtais à endosser le rôle d’observatrice pour l’ONG Peace Watch Switzerland (PWS) et son partenaire colombien Pensamiento y Accion social (PAS). Mon rôle consisterait donc à accompagner des communautés de petits paysans luttant pour garder leurs terres face à de grands propriétaires terriens, ou dans un des cas, une entreprise d’huile de palme. En d’autres termes, mon collègue et moi-même allions nous rendre sur le terrain afin d’observer la situation des communautés au quotidien, les attaques et menaces dont elles sont victimes, leur manière pacifique d’y résister, mais également les difficultés et conséquences que cette lutte impliquent. Pour en savoir plus sur le contexte de cette communauté, voir l’article suivant: las-pavas. Plus concrètement, après un peu plus d’un mois passé sur le terrain, voilà à quoi peut ressembler une de nos journées.

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La violence édulcorée

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La Colombie, à nos oreilles européennes, résonne comme un mélange d’ombres furtives en camouflage se faufilant entre les arbres d’une jungle dense et menaçante, l’arme à la main et le regard cruel, de bombardements dans la gigantesque et grise capitale, de paquets de poudre blanche pourfendant toutes les frontières, toutes les limites de ce qu’on serait prêt à faire pour elle. La Colombie et la violence sont indissociables, elles sont presque synonymes. Dans l’imagination d’une personne qui n’a jamais vécu que la paix, un pays en guerre est une explosion sanglante, des rafales de mitraillettes, des pas précipités sur le gravier, des cris terrifiés, une peur et une insécurité constantes. La violence est totale, omniprésente et inévitable, ou elle n’est pas. Cette conception manichéenne de la guerre est bien éloignée de la réalité.

La Colombie offre une image tout à fait différente à l’ingénu fraîchement débarqué sur ses terres. Le développement urbain impressionnant, les tours immenses qui surplombent les villes de lumières, la musique entraînante qui accompagne les mouvements de hanches décontractés des gens marchant dans la rue, le sourire bienveillant du jeune homme qui vend des jus de fruits, les paysages splendides et variés, illuminés par un soleil fidèle, la bonne humeur générale, tout tend à prouver que les soucis guerriers ne plissent plus les fronts de ses habitants. L’enfant terrible serait-elle domptée ?

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« PUEBLO! PUEBLO! » – Cri d’un espoir commun encore vivant.

Vendredi 3 septembre 2015, les travailleurs de l’entreprise Aportes San Isidro ont brûlé la maison et tous les biens d’Eliodoro Mercado et de sa famille, habitants de la communauté de Las Pavas. Comment les communautés de paix réussissent-elles à maintenir leur stratégie de résistance non-violente face à ce harcèlement, s’interroge Tatiana, qui a accompagné la communauté en 2015.

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Travailleurs de Las Pavas se rendant sur leurs parcelles ©TRodriguez2015

Imaginez : vous êtes paysan et votre terre, c’est votre vie. Vous partez travailler votre parcelle que vous partagez avec la communauté dans laquelle vous vivez. À votre arrivée, le chef de sécurité privée de l’entreprise d’huile de palme qui tente de s’accaparer vos terres est déjà sur place avec des travailleurs des communautés voisines. Ils vous narguent avec un ton provocateur et agressif.

Soudain, la police arrive et déclare qu’elle vient protéger le photographe de l’entreprise qui vous menace pour lui permettre de vous prendre en photo sans confrontation. Vous tentez d’expliquer le problème et, qu’au fond, c’est vous la victime !

Une dispute s’ensuit où chaque partie maintient sa position. Lorsque vous vous rendez compte que la confrontation pourrait devenir violente, vous décidez de rappeler à chacune des personnes de votre communauté présentes quelle est votre stratégie. Chacun se tranquillise et la discussion se poursuit. La police vous aide à trouver une solution…

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