
La Colombie, à nos oreilles européennes, résonne comme un mélange d’ombres furtives en camouflage se faufilant entre les arbres d’une jungle dense et menaçante, l’arme à la main et le regard cruel, de bombardements dans la gigantesque et grise capitale, de paquets de poudre blanche pourfendant toutes les frontières, toutes les limites de ce qu’on serait prêt à faire pour elle. La Colombie et la violence sont indissociables, elles sont presque synonymes. Dans l’imagination d’une personne qui n’a jamais vécu que la paix, un pays en guerre est une explosion sanglante, des rafales de mitraillettes, des pas précipités sur le gravier, des cris terrifiés, une peur et une insécurité constantes. La violence est totale, omniprésente et inévitable, ou elle n’est pas. Cette conception manichéenne de la guerre est bien éloignée de la réalité.
La Colombie offre une image tout à fait différente à l’ingénu fraîchement débarqué sur ses terres. Le développement urbain impressionnant, les tours immenses qui surplombent les villes de lumières, la musique entraînante qui accompagne les mouvements de hanches décontractés des gens marchant dans la rue, le sourire bienveillant du jeune homme qui vend des jus de fruits, les paysages splendides et variés, illuminés par un soleil fidèle, la bonne humeur générale, tout tend à prouver que les soucis guerriers ne plissent plus les fronts de ses habitants. L’enfant terrible serait-elle domptée ?
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