« Il est préoccupant pour les juges que des accusations pénales puissent être formalisées sur la base de faits qui ne sont pas avérés. Nous sommes en 2016, il s’agit d’une nouvelle ère, nous ne sommes pas sous l’Inquisition ». Yassmín Barrios, lors de la lecture du jugement, le 22 juillet 2016.
La situation dans le nord du Département de Huehuetenango: agressions physiques et persécution légale
Le vendredi 22 juillet 2016 à 21h54, heure du Guatemala, une sentence d’une grande importance a été prononcée par la juge Yassmín Barrios Aguilar, celle-là même qui avait secoué l’opinion en condamnant l’ex-dictateur Efraín Ríos Montt pour génocide en mai 2013. En un peu plus de trois ans, la magistrate cumule ainsi deux jugements historiques: le premier, concernant les crimes commis durant la dictature et le deuxième, la défense actuelle du territoire et des ressources naturelles. Bien qu’elle admette en savoir « très peu sur le droit des peuples indigènes », la juge a fait preuve d’une clairvoyance peu commune en décidant à deux reprises de placer sa sentence du côté des peuples autochtones. Elle a ainsi choisi d’inverser la tendance d’un État qui, historiquement, a nié leurs droits et continue de les opprimer aujourd’hui. Cela constitue un admirable exercice d’autocritique, ce qui est rare chez un agent de l’État, qui plus est, l’un des plus hauts postes du système judiciaire.

