Entretiens d’Anna Vidoli pour la RSI et La Regione

Anna Vidoli, 27 ans, a grandi à Ascona (TI). Depuis novembre 2015, elle s’est engagée avec Peace Watch Switzerland au Guatemala et représente actuellement notre organisation auprès de notre partenaire sur place, ACOGUATE. Dans le cadre d’un entretien pour la RSI, à écouter ici en intégralité, elle nous fait part de son expérience sur le terrain.

A retrouver également l’article qui lui a été accordé dans La Regione au début du mois de mars.

Anna La Regione

Un deuxième membre du COPINH assassiné

Après l’assassinat d’un second membre du COPINH en deux semaines, la banque de développement des Pays-Bas FMO et le Finnfund suspendent leurs investissements dans le projet de barrage d’Agua Zarca.

Onze jours après Berta Cáceres, un second membre de l’organisation autochtone COPINH a été assassiné. Nelson García, résident de la communauté de Río Chiquito dans le Département de Cortés, a été assassiné par des personnes inconnues alors qu’il revenait dans sa famille après avoir aidé à déménager les affaires des familles expulsées de la communauté de Rio Chiquito.

La pression des activistes et organisations de la société civile honduriennes et internationales se poursuit. Une commission internationale arrive aujourd’hui au Honduras et des manifestations sont prévues sur le plan national.

Deux investisseurs ont déjà annoncé la suspension de leurs investissements: une première victoire pour le COPINH qui se bat depuis des années pour protéger le territoire lenca.(http://business-humanrights.org/en/honduras-second-member-of-indigenous-group-murdered-within-2-weeks-dutch-development-bank-suspends-activity)

Extraits du communiqué du COPINH sur l’assassinat de Nelson García, 15 mars 2016:

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« Berta nous a appris à lutter pour la vie sans se laisser arrêter par la peur de mourir »

Interview de Tomas Goméz du Conseil civique des organisations populaires et indigènes du Honduras (COPINH) 1,

Lundi 14 mars 2016

Lors d’une interview récente, deux des filles de Berta Cáceres, dirigeante indigène lenca, combattante infatigable contre le modèle patriarcal colonial d’extraction des ressources, qui privatise et pie les biens communs naturels du Honduras, me disaient que la lutte de leur mère n’a jamais été quelque chose d’individuel, mais profondément enracinée dans l’organisation qu’elle coordonnait : le COPINH.

Berta a été attaquée et assassinée de manière lâche à l’aube du 3 mars dernier. Un coup qui a secoué la société hondurienne jusque dans ses bases et qui oblige, aussi bien le COPINH que l’ample spectre d’organisations sociales et populaires du Honduras, à repenser une stratégie unitaire pour faire face à cette nouvelle escalade de violence et de persécution.

La formation, samedi 12 mars, de l’Articulation populaire hondurienne « Berta Cáceres » avec pour but d’impulser un projet unitaire de mobilisation et de lutte, est une première réponse, à partir des mouvements sociaux, aux assassins de Berta. La grande mobilisation des peuples autochtones et noirs qui aura lieu ce jeudi 17 mars est une expression de plus de la volonté ferme du peuple hondurien d’exiger la justice.

Depuis que Berta Cáceres a commencé à se multiplier dans les luttes quotidiennes des Hondurien·ne·s2, Tomas « Tomasito » Gómez Membreño, actuel secrétaire d’organisation du COPINH, s’est maintenu aux côtés de la famille de la dirigeante indigène, pour exiger à l’unisson une véritable justice pour Berta, la sanction des responsables intellectuels et matériels, et la fin de la persécution du sociologue écologiste [mexicain] Gustavo Castro Soto3.

Pour le COPINH, il n’a pas été facile de gérer tout ce qui s’est passé cette dernière semaine, et cela ne le sera pas non plus à l’avenir. Néanmoins, l’organisation lenca assure être prête. « Berta nous a appris à lutter pour la vie, peu importe la peur à la mort. C’est cela que nous continuerons de faire ! », a exprimé Tomas Gómez.

Le coup a été dur. Comment le COPINH vit-il ce moment et comment il se réorganise ?

Cela a été un coup dur tant pour le COPINH que pour le peuple lenca et le monde entier. Nous sommes en train de nous réorganiser et recommencer de nouvelles actions. Le COPINH a toujours eu une forte dynamique de lutte et nous allons continuer ainsi, cette fois avec l’impulsion que nous donne le souvenir de notre camarade Berta Cáceres.

Notre lutte pour qu’il n’y ait plus de privatisation des biens communs naturels, et pour que tous ces projets de mort, hydroélectriques et miniers, s’en aillent de nos communautés. Les privatisations et les concessions [minières, hydro-électriques, etc.], ne génèrent que plus de violence, plus d’assassinats et plus de criminalisation de la contestation sociale.

Selon le COPINH, qui est responsable de l’assassinat de Berta ?

Nous savons que l’assassinat de Bertha répond à ces mêmes politiques de privatisation, impulsées par ceux qui sont disposés à accorder plus de concessions et vendre les ressources naturelles de notre pays. Ce sont les mêmes qui pensent qu’en assassinant la camarade Bertha Cáceres la lutte s’achève. Ils se trompent, parce que depuis sa mort nous continuons avec plus de luttes, plus d’actions, et nous allons nous maintenir mobilisés de manière permanente.

Est-ce que vous vous attendiez à cette escalade de violence ?

Notre organisation et Berta elle-même avons souffert des menaces répétées, des attaques, des attentats. Ils nous ont tout fait. Nous n’écartions pas la possibilité qu’ils puissent attenter à la vie de dirigeant·e·s du COPINH et des communautés lencas, comme cela s’était déjà produit à Rio Blanco4, et maintenant avec Berta.

A plusieurs occasions, le COPINH a accompagné les filles de Berta Cáceres, les seules autorisées à parler au nom de la famille, et ensemble vous avez dénoncé plusieurs irrégularités dans le cadre de l’enquête.

Dès le début, ils ont voulu criminaliser et désarticuler le COPINH, en présentant [l’assassinat de Berta] comme un crime passionnel ou le produit de conflits internes à l’organisation. La justice met en place une trame perverse pour accuser les membres du COPINH et ainsi le gouvernement se lave les mains, s’enlève le poids de la pression nationale et internationale.

Quel est l’héritage que laisse Berta ?

L’héritage qu’elle laisse au peuple lenca, au Honduras, au monde, c’est une lutte forte, tenace, pour faire plier ces entreprises nationales et internationales, ces institutions financières qui investissent dans des projets de mort, le financement des États-Unis aux pays du Triangle Nord (Salvador, Guatemala, Honduras) à travers l’Alliance pour la Prospérité, qui génèrent des ressources économiques pour la construction de barrages.

L’héritage que laisse Berta c’est le COPINH et sa capacité à continuer la lutte.

Après l’assassinat de Berta, tu n’a pas peur pour ta vie ?

L’assassinat de notre camarade Berta a dépassé les frontières et a eu un impact dans le monde entier. Néanmoins, la stratégie continue d’être la même : détruire notre organisation, en la divisant, en la criminalisant et lui coupant sa tête.

Après l’assassinat, ils ont essayé de m’impliquer ainsi que d’autres dirigeant·e·s, de nous arrêter, mais ils n’ont pas pu. Donc nous croyons que le prochain pas pourrait être de nous attaquer physiquement.

Je profite de l’occasion pour dénoncer qu’il y a quelques jours 4 hommes fortement armés, habillés en civil, sont venus me chercher à mon domicile. Heureusement je n’y étais pas.

J’ai peur, pourquoi le nier ? Mais je dois aussi poursuivre cette lutte que nous a laissée notre camarade Berta Cáceres. Elle nous disait toujours qu’elle avait peur des menaces de mort qu’elle recevait, mais qu’il fallait continuer la lutte, sans se laisser stopper par la peur de la mort.

Nous allons continuer son héritage.

Les organisations de la société civile appellent à une manifestation nationale pour jeudi et vendredi au Honduras

1 Par Giorgio Trucchi: http://nicaraguaymasespanol.blogspot.com.co/2016/03/honduras-bertha-nos-enseno-luchar-por.html.  Traduction et notes Sabine Masson (observatrice suisse sur place)

2 Allusion au fait que depuis l’assassinat de Berta, dans les mobilisations les gens ont clamé être « tous et toutes Berta » et des portraits d’elle ont surgi partout.

3 Gustavo Castro, seul témoin, était présent lors de l’assassinat de Berta et a été blessé. Il est actuellement retenu par les autorités honduriennes et empêché de sortir du pays.

4 En juillet 2013, des militaires ont ouvert le feu contre une manifestation de paysan·e·s indigènes contre la construction d’un barrage à Rio Blanco, tué un dirigeant lenca de cette communauté, Tomás Garcías, et blessé trois autres personnes.

Historisches Urteil im Fall Sepur Zarco

Gerichtsurteil Sepur Zarco – Ein Zeichen im Namen der Gerechtigkeit für die Frauen von heute, von gestern und von morgen

Wie im letzten Beitrag erwähnt (s. “Ein ereignisreicher Start ins neue Jahr sowie bei ACOGUATE” vom 26. Febr.), haben wir letzten Monat den Gerichtsfall “Sepur Zarco” täglich begleitet, in dem 15 Frauen des Maya Q’eqchi Volks die traurige Wahrheit von täglichen Vergewaltigungen, Sklaverei und ermordeten und entführten Familienmitgliedern ans Tageslicht brachten und von den guatemaltekischen Rechtsbehörden Gerechtigkeit einforderten. Für die Überlebenden waren das Brechen des jahrelangen Schweigens und die Einreichung der Klage ein enormer und beängstigender Schritt: Mit Hilfe psychologischer Betreuung der Organisation ECAP begannen sie nach und nach ihre Vergangenheit zu bewältigen und die oft mit sexueller Gewalt assoziierten Scham- und Schuldgefühle zu überwältigen. So lernten sie, abzugrenzen was ihnen widerfahren war und dass es keineswegs ihre Schuld war. Es blieb nur die Frage einer der Zeuginnen:

“Was sagt das Rechtssystem zu dem, was uns widerfahren ist?”

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Internationaler Tag der Frauen in Lateinamerika

Heute, am 8. März, ist internationaler Tag der Frauen. Werfen wir doch einen Blick auf die Situation der Frauen in Lateinamerika:

Einerseits ist mit der Verurteilung der verantwortlichen Militärs wegen sexueller Sklaverei im Fall Sepur Zarco in Guatemala ein grosser Erfolg für die Anerkennung sexueller Gewalt gegen Frauen zu verzeichnen. Dies ist auch der Härte und Unerschrockenheit der Gerichtspräsidentin Yasmin Barrios, die bereits im Genozidfall trotz starkem Druck und Bedrohungen seitens der Interessensvertreter des guatemaltekischen Militärs der Unabhängigkeit und Berufung zur Gerechtigkeit ihres Mandates treu geblieben ist und den  Genozid und die Sexuelle Sklaverei verurteilte. Die Überlebenden Frauen drücken im nachfolgenden Bild ihre Erleichterung und Erfüllung für die nach so langer Zeit endlich erreichte Anerkennung aus.

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Sandra Sebastián

Andererseits zeigen allein der Fakt, dass sexuelle Gewalt gegen Frauen als Kriegswaffe vewendet wird, und die Tatsache, dass die Anzahl der weiblichen Opfer in bewaffneten Konflikten grösser ist als die der männlichen, wie schief etwas in unserer patriarchalischen Gesellschaft läuft. So ein Kommandant der UN Sondereinheit in der Demokratischen Republik Kongo:

Es ist gefährlicher eine Frau zu sein als ein Soldat in modernen Konflikten.

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La sentenza del caso “Sepur Zarco”

La giustizia è infine arrivata per le donne di Sepur Zarco.

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Il 26 febbraio passato, il Tribunale di Alto Rischio A ha reso il verdetto e condannato l’anziano ausiliare militare Heriberto Valdez Asig e il Luogotenente Colonnello Esteelmer Francisco Reyes Girón a rispettivamente 240 e 120 anni di carcere. Per la prima volta nel mondo, i crimini contro l’umanità sotto forma di violenza sessuale, schiavitù domestica e schiavitù sessuale sono stati giudicati in un tribunale nazionale.

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L’accompagnamento nelle comunità del Guatemala

Attraverso queste foto voglio condividere con voi il mio quotidiano in quanto accompagnatrice dei diritti umani in Guatemala, e più specificamente nella regione Ixcan. Così avrete modo di impregnarvi della cultura, fare conoscenza con i suoi abitanti, lasciarvi condurre in questi paesaggi e essere coscienti delle minacce che la popolazione vive quotidianamente.

Anna, Guatemala, février 2016

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Verso il lavoro: un uomo si dirige al mercato per vendere prodotti. ©AVidoli2016.

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Educazione – divertimento. ©AVidoli2016.

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©AVidoli2016.

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“El baile del venado”: ballo tradizionale illustrando la conquista spagnola. ©AVidoli2016.

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©AVidoli2016.

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Ereignisreicher Start ins neue Jahr sowie bei ACOGUATE

Mit dem Beginn des neuen Jahres fing auch endlich mein Einsatz als Menschenrechtsbegleiterin im Rahmen des internationalen Projekts ACOGUATE an. Voller Wissens- und Handlungsdrang startete ich die Ausbildungsphase vor Ort. Bereits 3 Tage nach Beginn geschieht Unerwartetes: Das Justizsystem gerät in Bewegung!

Nachdem das Genozidurteil gegen Ex-Diktator Ríos Montt de facto annulliert wurde, bzw. das Verfahren praktisch nochmals von vorne losging, hatten Viele bereits die Hoffnung auf Gerechtigkeit aufgegeben im Hinblick auf die unzähligen Gräueltaten gegen die Zivilbevölkerung, die zwischen 1978-1983, der blutrünstigsten Phase des Internen Konflikts, begangen worden waren. Die Hoffnung stirbt aber zuletzt.

Da das Rad der Gerechtigkeit in Guatemala endlich in Schwung kommt (so zumindest der Schein der Dinge), ist unser Einsatzteam, die sogenannte “mobile Gruppe”, mit Arbeit überhäuft. Die internationale Präsenz wird in Guatemala als sehr wichtig erachtet insbesondere in letzter Zeit, in der sich immer mehr ZeugInnen aussprechen. Diese Aussagen können nicht einfach ignoriert oder totgeschwiegen werden, wenn die ganze Welt zuhört.

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Nach 28 Monaten unschuldig in Haft endlich frei

Kriminalisierung Der Bisher langwierigste Prozess von Kriminalisierung im Norden Guatemals ist beendet und von den Richtern als solcher anerkannt worden.

Die bereits im Oktober freigesprochenen, politischen Gefangenen Saúl Mendez und Rogelio Velásquez konnten schließlich in ihre Gemeinde zurückkehren. Die Menschenrechtsverteidiger aus Barillas, im Norden des Departement Huehuetenango, sind Teil des Widerstands der lokalen Gemeinden gegen den Ausverkauf ihres Territoriums. Sie wenden sich gegen den Bau der Wasserkraftwerke Cambalam I y Cambalam II, durch die spanische Firma Hidro Santa Cruz S.A.

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Le mie sensazioni all’arrivo in Guatemala

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IMG_2834Non è facile descrivere quali sono state le sensazioni che ho provato all’arrivo in Guatemala. Scendendo dall’aereo ho provato paura per l’inizio della nuova esperienza in una città sconosciuta, con l’incognita della collaborazione, lo scambio con cooperatori provenienti da molte altre culture e le sfide personali che questo comporta. D’altro canto prevaleva un senso di eccitazione nell’intraprendere l’attività con la popolazione locale, piena di curiosità verso la loro cultura, la lotta per il quotidiano, la loro realtà di vita.

Dopo due settimane di formazione, durante le quali noi nuovi abbiamo ricevuto informazioni di vario genere: politico, culturale, sociale, psicologico, siamo stati assegnati a delle regioni nelle quali è attivo il programma ACOGUATE, siamo diventati accompagnanti in sostegno delle rivendicazioni dei locali, del loro territorio e dei loro diritti.

Sono partita per la regione Ixcan, centro di interesse nel dibattito sulla politica energetica e l’uso delle risorse naturali. Il governo guatemalteco e le imprese transnazionali vorrebbero approfittare del potenziale idroelettrico della zona per costruire la seconda diga più grande dello Stato. Alcune comunità si oppongono alla rimilitarizzazione, adottando misure atte a garantire che le loro voci siano ascoltate. L’incremento della presenza militare è un segnale inquietante per gli abitanti in lotta per i loro diritti.

Noi affianchiamo due organizzazioni nella regione Ixcan: un’Associazione per la giustizia e la riconciliazione nel caso di genocidio e un’Associazione di Comunità per lo sviluppo, la difesa della terra e delle risorse naturali. Con un’altra cooperante visitiamo i loro villaggi, le loro case e ci riuniamo con le autorità locali. La lotta di queste persone prosegue da anni, mostrando il desiderio di giustizia e di vivere serenamente. Nonostante i 36 anni di conflitto interno queste comunità mostrano un livello di resilienza molto alto: è ammirevole vedere che nonostante il duro lavoro nei campi, la famiglia e gli altri impegni della difficile vita quotidiana, si ritagliano uno spazio per riportare pace e democrazia nel loro paese cha ha già tanto sofferto.

C’è molto da imparare e aspetto con impazienza i prossimi incontri per conoscere meglio le persone, il loro modo di vivere e i loro pensieri. In queste comunità abbiamo la fortuna di vivere a stretto contatto con gli abitanti: dormiamo con loro e mangiamo alla stessa tavola, compartendo storie sulle differenze culturali. La costruzione di un rapporto di confidenza e fiducia è un processo che durerà nel tempo, motivo per il quale ho deciso di restare metà anno nel paese.

Anna, Guatemala, 5 janvier 2016